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De 1917 à la "perestroïka"

La victoire du moralisme sur le socialisme

Personne à l'Ouest ne prend les communistes pour des partisans de l'Union soviétique lorsqu'ils persistent à vouloir créer chez eux un paradis d'ouvriers tout à fait démocratique et promouvoir la paix dans les relations internationales. Les gens ici remarquent que le Parti communiste a exercé le pouvoir pendant plus de soixante-dix ans sans la présence de partis d'opposition contestant son point de vue aux élections. Ils se souviennent de Staline et des camps de travail ou pire encore des dissidents. Ils connaissent le manque de logements, de pain et de viande tandis que le pouvoir militaire a carte blanche et que les dirigeants du parti font ripaille. C'est ainsi que les démocrates de l'Ouest stigmatisent la société soviétique en un seul mot, celui de l'esclavage. Cependant, il reste à éclaircir le mystère de savoir pourquoi les dirigeants du parti choisissent justement cette forme de pouvoir alors qu'un Somoza ou un Marcos peut amasser une fortune individuelle beaucoup plus grande sans pour autant déranger le haut commandement de l'OTAN.

Il en est de même en ce qui concerne les relations étrangères de l'URSS. La Hongrie, Cuba, le Vietnam, l'Afghanistan, l'OLP et les Sandinistes: soit la lutte d'un peuple pour le but présumé d'une liberté à l'occidentale est "écrasée sans pitié", soit un front "contrôlé par Moscou" fait la guerre pour arriver au pouvoir en défi de la paix mondiale établie par le pouvoir occidental. Bref, un "empire pernicieux déterminé à l'expansion". Là, de nouveau, l'étrange mystère d'une domination politique qui évidemment ne se paye pas pour ceux qui ont le pouvoir.

Voilà tout – d'une part. D'autre part, il est offert à l'Ouest perestroïka et glasnost, la retraite de l'Armée rouge de l'Afghanistan et des propositions de désarmement embarrassantes pour Washington.

Selon les nouvelles directives envers la société soviétique, les sociétés d'Etat auront plus de liberté dans l'exécution du plan quinquennal, les prix seront fixés de façon plus "réaliste", la dette aura à jouer un rôle plus important, des faillites même seront permises. Dans le domaine public, les débats font déjà rage dans la presse et dans les rues. Les nationalités réclament leurs droits ouvertement et les congrès du parti sont marqués par une vivacité tout à fait inconnue aux assemblées politiques occidentales. (Le parti communiste est prêt à renoncer à son rôle déterminant la société). Même la Bible doit être réimprimée. Pour les esprits qui sont d'accord avec le capitalisme, cette tournure des événements ne peut être qu'un mouvement en direction du savoir-vivre occidental, vu la démonstration de force massive de l'Ouest et la "supériorité évidente de l'économie du libre marché". A part le fait que, les communistes en la personne de leur secrétaire général, M. Gorbatchev, ont fermement insisté sur le fait qu'ils agissaient pour le socialisme, conformément à l'esprit de Lénine et de la Révolution d'Octobre. Et Richard Nixon, homme d'Etat en cette occasion, met en garde contre le danger que représenterait un pouvoir soviétique revitalisé pour l'avenir du monde libre.

Alors, Monsieur Un tel, il se passe quelque chose, mais vous ne savez pas ce que c'est! Ni la vieille image de l'ours russe, ni les nouveaux slogans de "restructuration" ou "ouverture" ne peuvent être considérés comme une explication de ce que les camarades soviétiques ont eu pour intention ou de ce qu'ils veulent toujours faire pour leur peuple et le reste du monde. Le dernier essai littéraire du secrétaire général n'aide pas non plus à résoudre ce problème. Pour cela, il faut tout simplement lire ce livre!


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© GegenStandpunkt Verlag 1998